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Le rap et la variété française peuvent-ils cohabiter ensemble ?

Rivaux, amants de longue date ou amis fusionnels ? Analyse de la relation entre deux genres musicaux qui s'affrontent, s'embrassent tout autant qu'ils se confondent.

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Opposition

Lorsque le rap commence à émerger à la fin des années 80 en France, il se positionne comme le nemesis de la variété française. Le rap casse les codes, c’est le symbole de la disruption par excellence. Loin de la bien-pensance de la chanson française écoutée par les masses, le rap excite par sa marginalité. Mais son statut de révolutionnaire ne dure qu’un temps. Milieu des années 90, les rappeurs aussi veulent réussir… Et vendre. Le rap devient mainstream et s’adoucit, ne s’engage plus politiquement et chante des refrains qui parlent d’amour. Le rap se décrédibilise alors, on ne comprend plus son identité. Malgré ça, Doc Gynéco a eu le culot de déclarer « Classez-moi dans la variet’. » en 1996, et n’a jamais nié être à la limite du genre.

Admiration

Plus tard, les plus grands lyricistes déclarent avoir été influencés par la chanson française. « Renaud est un des premiers rappeurs français » confiait Oxmo Puccino. On retrouve des références à la chanson à foison dans le rap depuis le début des années 2000. Bref un rappeur doit impérativement -s’il veut être légitime- être un amoureux des mots et de ceux qui savent les manier. Les maîtres en la matière tels que Jacques Brel, Renaud ou George Brassens deviennent alors de véritables figures dans le rap, qu’on cite, qu’on référence à tout bout de champ. On conseillerait quand même à Moha La Squale de se calmer sur les samples de voix de vieux monsieurs au début de ses instrus. Mais ça Maskey l’a déjà expliqué.

Fusion

Parlons maintenant de ce qu’on appelle la pop urbaine, hybride né dans les années 2010. Est-ce un croisement entre ces deux mondes ? Démocratisé par Soprano et Maître Gims dans la sphère mainstream, on observe que le rap puise son inspiration dans la varièt (instrus dansantes, refrains chantés par des femmes etc.) Il n’y a plus qu’un rap (n’en déplaise aux puristes), mais des centaines de dérivés de celui-ci même s’il est vrai que la tendance va à la mélodie, à la beauté des prods et à la cohésion d’une identité en tant qu’artiste.

«Stromae a réussi, plus que n’importe quel autre artiste, à lier la musique urbaine à la variété. Et à faire du rap le nouvel eldorado», a déclaré le producteur Tefa.

Oxmo Puccino va plus loin : « J’aime dire que le rap n’existe plus. Il est un amalgame de la chanson, de la variété et du hip-hop. Aujourd’hui, un rappeur doit savoir chanter et un artiste de moins de 30 ans, tous styles confondus, ne peut pas avoir échappé au rap. »

Lomepal ne souhaite pas qu’on le considère comme un rappeur, Damso écrit pour Kendji Girac, Eddy de Pretto incarne l’exemple parfait de la symbiose des deux genres… Le rap est évidemment le genre le plus écouté en France surtout par les jeunes générations, mais on ne  peut nier ses influences, surtout aujourd’hui. La variété/pop française a bercé nos parents, on pourrait croire qu’elle n’a pas de possibilité d’évolution et qu’elle s’éteindra bientôt. Pourtant Angèle fait littéralement exploser le marché, a droit à son passage sur COLORS et est, accessoirement, très écoutée par les auditeurs de rap. La relation qu’entretiennent ces deux univers est d’une richesse telle qu’ils arrivent à se faire grandir mutuellement et continuellement.

Pour conclure on peut dire que le rap et la variété, c’est l’anti-thèse de la relation entre Harry Potter et Voldemortl’un peut seulement vivre si l’autre survit.

 

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