CRITIQUE D’ALBUM : Deux frères – PNL

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Trois ans après l’album Dans la légende, le duo PNL est revenu en force avec l’album Deux frères, sorti vendredi dernier.

Le titre d’ouverture de leur second album, Le Monde Chico, Le monde ou rien ne cachait rien des rêves de grandeurs d’Ademo et N.O.S. Une ambition à peine démesurée pour les deux frères de PNL et leurs clips grandioses. Depuis, chacune de leurs vidéos crée l’événement sur la planète rap où elles dépassent aisément les millions de vues en 24 heures.

Autant dire que leur troisième disque (quatrième si l’on compte l’EP Que la famille) était attendu. On se préparait à un véritable séisme dans le paysage musical.

Ademo et N.O.S ont pourtant abandonné leur folie des grandeurs. « Bats les couilles de l’Himalaya« , les PNL ne visent plus sommet. Ils nous laissent la lune, préférant leur jungle pour y faire des singeries. Et nous poussent dans l’escalier de la cave. Tant pis si les insectes qui y vivent donnent le cafard. Ils sont nés avec !

Une construction plus que brillante

Le duo traîne sa mélancolie tout au long des dix-huit titres de ce nouveau disque qui reflètent une certaine noirceur. PNL conjugue au présent la souffrance (Chang). Vivre fait mal (Celsius) et on cherche à s’échapper loin pour soigner un cœur qui saigne (Frontières). « J’ai grandi dans le zoo », prévient N.O.S dans Zoulou Tchaing. La cité des Tarterêts dans laquelle les frères ont grandi. Et l’amour dans tout ça? Un drôle de concept que le duo n’hésite pas à comparer à un échange commercial. Une transaction comme une autre. Et encore une mention du passé assombri par le trafic de drogue que le groupe glorifie autant qu’il dénigre dans chacune de ses chansons.

Le seul vrai lien qui unit Ademo et N.O.S est fraternel, semblent vouloir dire le groupe dans Deux frères. « J’ai aimé mon frère plus que ma vie, comme me l’a appris mon père », affirme le cadet sur le titre. « Baba, pour ton sourire, j’donnerais ma vie », répond l’aîné, s’adressant à ce même père adulé, ancien caïd de cité, dans Zoulou Tchaing. Les deux morceaux dévoilent une sensibilité introspective souvent mystérieuse, sinon opaque dans l‘univers du groupe.

Les fans de PNL se réjouiront de replonger dans cet univers savamment construit. Comme dans leurs deux premiers disques, Ademo et N.O.S glissent des références aux animés japonais (GTONarutoDragon Ball) ou aux jeux vidéo (Zelda, Shenmue, Street Fighter) au fil des titres. Jonglant avec les clichés, ils observent le cirque de leur vie. Se comparent volontiers à « Mowgli » et « Simba ». Dans Kuta Ubud, morceau qui fait figure d’allégorie du trafic de drogue, ils semblent presque inventer un vocabulaire animal. En utilisant l’image de Blanka – personnage du jeu vidéo de combat Street Fighter qui donne son nom à un titre du disque – les frangins rappellent qu’ils sont aussi sauvages qu’humains. Trop humains.

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