Chilla : « Avec MŪN, j’ai créé mon univers, ma propre planète »

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Le premier album de Chilla, intitulé MŪN, est sorti aujourd’hui, 5 juillet 2019. Pour l’occasion, elle s’est confiée à nous. Album, enfance, son père, ses collaborations, elle nous dit tout…

Ses inspirations

Ça veut dire quoi « MŪN »? 

Je voulais que le nom de mon album ait un rapport avec la lune, car la lune est un des astres qu’on regarde le plus. Mais je ne voulais pas pour autant l’appeler « lune » en français. Donc, je l’ai traduit en japonais et j’ai obtenu « mun ». Sauf que j’ai fait d’autres recherches et il s’avère que ça ne se dit pas du tout comme ça. Après réflexion, j’ai finalement décidé de conserver « Mun » car c’était un moyen pour moi de créer ma planète, mon propre univers. 

Qu’est-ce qui t’intéresse dans l’astronomie? 

Je suis quelqu’un d’assez spirituelle, je suis plus dans l’astrologie que dans la religion. Enfant, je regardais beaucoup les étoiles et la lune. J’ai grandi en province sur les montagnes, et quand je suis sur la montagne je me sens plus proche du ciel. Face à la lune j’ai l’impression d’être insignifiante. Pour moi, redonner du sens à mon existence à travers ce que je vis et la musique, ça me permet d’être moins perturbée. 

Violon, jazz, pourquoi le rap? 

J’ai commencé le violon en classique à l’âge de 9 ans. Au lycée, j’étais en horaires aménagés avec le conservatoire. J’ai obtenu un baccalauréat littéraire option musique. Après ça, j’ai arrêté le violon et je me suis focalisée sur le chant. Je n’ai jamais cessé de chanter, et j’ai fait ma première scène entre 8 et 10 ans. La rigueur du classique ne me convenait pas, j’ai cherché mon propre univers et j’ai commencé à écrire du rap à 17 ans. Vers 19/20 ans je suis retournée au conservatoire pour le chant.

D’où vient cette passion pour la musique?

Mon père était pianiste de jazz. Il est décédé quand j’étais au collège. Grâce à lui j’ai grandi avec une culture musicale très large: du reggae à la pop, en passant par le rock. Et mon univers s’inspire de tous ces genres différents.

Un pont entre ses textes et sa vie

Tu parles beaucoup d’écoles et de professeurs dans ton album, quelle genre d’élève étais-tu?

J’ai été dans le top 3 des meilleurs élèves jusqu’à la 3ème. Après le décès de mon père, je me suis abonnée à la dernière place. L’école n’avait plus de sens à mes yeux, c’est pour cette raison que j’ai intégré la musique dans mon cursus scolaire au lycée. D’ailleurs, c’est la musique qui m’a sauvé au bac grâce au 20 que j’ai obtenu. La musique était là pour me montrer que j’étais douée dans un domaine. Même si en violon je n’étais pas très forte, j’étais un peu la racaille du conservatoire…

Tu as un morceau qui s’intitule « Solo », comment tu définis ta solitude? 

Je fais partie des gens qui ont l’impression de subir la solitude dans notre société. Je me sens obligée de la combler par les réseaux sociaux, par un appel, une télé ou une musique. Ces derniers mois, je m’y suis confrontée à cause du travail et je suis arrivée à un stade où j’ai dû analyser cette solitude. Pour moi, la solitude nous amène à avoir peur de la mort. Dans mon cas, j’ai peur de mourir seule. Cependant, cette solitude est nécessaire pour être en harmonie avec soi-même. Il faut apprendre à s’occuper et en faire quelque chose de prolifique. 

Est-ce que cette réflexion sur la solitude a un rapport avec le décès de ton père? 

Ça fait partie du processus de deuil, c’est certain. Tout ce que j’ai vécu m’a permis d’acquérir en maturité. Mais, le processus d’analyse de ma solitude passe principalement par la musique. C’est uniquement la musique qui m’aide.

Tu dis ne pas vouloir «finir comme Bridget Jones »,  pourquoi ? 

Il y a une certaine dualité dans cette phrase. Premièrement, je ne veux pas finir dépendante d’un mec. Je ne me vois pas être cette femme qui court derrière les hommes et je ne veux pas exister à travers le regard de l’homme qui m’aimera. Je ne fuis pas les hommes mais je me protège énormément. Deuxièmement, je ne veux pas être ce genre de femme prête à mettre sa carrière de coté et m’investir dans une relation de couple qui m’éloignerait de mes objectifs. En entreprenant une carrière comme la mienne, la seule faille qu’il pourrait exister, c’est un homme…Ce serait laisser l’opportunité à quelqu’un de détruire tout ce que j’ai bâti.

Tu as déjà collaboré avec Shy’m ou même Jok’Air, tu aimes les collaborations? C’est quoi les prochaines? 

Carrément. Rien que d’avoir Kalash et Gros Mo dans mon album, quel honneur! C’est des artistes que j’apprécie et que j’écoute. Je suis fière qu’ils fassent partie du projet. Après, je suis très ouverte. Par exemple, si tu me dis de faire un feat avec Aya Nakamura et Christine and the Queens, ce serait chant-mé! Même avec Mylène Farmer, je suis partante. 
Mon ouverture musicale me donne envie de faire beaucoup de choses, mais il faut quand même y trouver une cohérence pour ne pas partir dans tous les sens. C’est aussi là que mon métier prend sens, quand les connexions se font et qu’avec quelques notes la communication se crée…

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